BUTCH MCKOY

Oscillant entre douceur et douleur, « Welcome Home » est un album antithétique. Enregistré dans un garage chauffé à blanc par la canicule estivale, cette musique n’a de l’été que la suffocation. Oubliant littéralement de manger, délaissant l’heure et les cycles pour se plonger entièrement dans son oeuvre, Butch prouve avec des titres tels que « In front of the door » ou « My den is yours », que sa musique est violente (sans électricité) et introspective (sans lamentation).

Dans la plus pure tradition lynchienne, le résultat est poignant : treize chansons solitaires qui agissent sur l’auditeur comme un électrochoc émotif. Offrir « Welcome Home » au public, c’est créer une nouvelle violence pour celui qui donne tout sur scène et voit les années passer sans retour en arrière possible.

Comme dans tout voyage initiatique, le plus important reste la manière dont on arpente le chemin. Celui de Butch s’écrit sur la longueur, le temps nécessaire pour admirer le paysage. Sa musique n’est peut-être, finalement, qu’un jeu de pistes.